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Mardi 19 février 2008
Vide.

Vide, ça y est. je le ressens ce vide. Le vide de la guérison. Le silence s'est fait et les tourments intérieurs se sont tus. Pendant quelques jours j'ai lutté puis abdiqué. Je me suis laissé aller. Je me suis laissé me perdre. J'ai laissé les larmes venir. Le desespoir me saisir.

Et ce matin après une nuit pénible pleine de rêves étranges et agités, je me sens vide. Pas tout à fait heureuse, mais plus malheureuse. Comme quand une musique assourdissante s'arrête enfin et, qu'on goûte au silence avec les oreilles qui bourdonnent encore, se faisant l'échco d'un avant trop bruyant.

Comme si la tempête s'était arrêtée d'un coup, sans préavis. Après des creux immenses, après des vagues qui me faisaient cogner le fond alors que je tentai de remonter à la surface. Je luttais, je lachais prise. Et d'un coup le soleil est là, comme s'il n'était jamais parti. La mer est d'huile, pas un frémissement, même pas quelques ronds dans l'eau.

Encore un peu de temps pour contempler cet état de grâce, cette soudaine évidence, comme immobile au milieu d'une foule en mouvement. Encore un peu de temps et d'un pas, je reprendrai le mouvement comme si je ne m'étais jamais arrêtée.
 
Quelle quête surprenante que le bonheur,
quelle sensation étonnante que de se laisser porter,
Quel étrange et délicieux cadeau que la vie.


rue.jpg
par Apostro'fée publié dans : Chroniques d'un roman annoncé
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Jeudi 14 février 2008
on peut blesser une fée
on peut la saigner
mais on ne peut briser ses ailes
elle en a besoin pour voler
et si le vent n'est pas assez fort encore
elle attendra un peu pour décoller

le temps de s'allèger de son chagrin
le temps de laisser quelques illusions perdues aux bords de la route
le temps de pardonner
le temps de se perdre un peu
pour mieux se retrouver.

Ensuite la fée reprendra sa route
elle marchera
elle marchera encore
même à bout de souffle
un pied devant l'autre

et le vent se levera
et la portera

peut-être retombera-t-elle encore à terre
peut-être mangera-t-elle encore la poussière
mais qu'importe
on peut briser le cœur d'une fée
mais on ne peut lui briser les ailes.

Avec cet espoir comme trésor
Elle continura sa quête éffrénée
pour un jour, enfin, s'envoler.

vole-copie-1.jpg
par Apostro'fée publié dans : Chroniques d'un roman annoncé
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Mercredi 13 février 2008
"Dans un square sur un banc
Il y a un homme qui vous appelle quand on passeImage-9.png
Il a des binocles un vieux costume gris
Il fume un petit ninas il est assis
Et il vous appelle quand on passe
Ou simplement il vous fait signe
Il ne faut pas le regarder
Il ne faut pas l'écouter
Il faut passer
Faire comme si on ne le voyait pas
Comme si on ne l'entendait pas
Il faut passer et presser le pas
Si vous le regardez
Si vous l'écoutez
Il vous fait signe et rien personne
Ne peut vous empêcher d'aller vous asseoir près de lui
Alors il vous regarde et sourit
Et vous souffrez attrocement
Et l'homme continue de sourire
Et vous souriez du même sourire
Exactement
Plus vous souriez plus vous souffrez
Atrocement
Plus vous souffrez plus vous souriez
Irrémédiablement
Et vous restez là
Assis figé
Souriant sur le banc
Des enfants jouent tout près de vous
Des passants passent
Tranquillement
Des oiseaux s'envolent
Quittant un arbre
Pour un autre
Et vous restez là
Sur le banc
Et vous savez vous savez
Que jamais plus vous ne jouerez
Comme ces enfants
Vous savez que jamais plus vous ne passerez
Tranquillement
Comme ces passants
Que jamais plus vous ne vous envolerez
Quittant un arbre pour un autre
Comme ces oiseaux."

Jacques PRÉVERT, Paroles (1945)
©1972 Editions Gallimard
par Apostro'fée publié dans : Chroniques d'un roman annoncé
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Lundi 26 novembre 2007
Ou le jour où je suis devenue un fée.
C'est un texte écrit depuis plus d'un an,  qui décrit les sensations de naissance d'une fée.


mes-NUITS.jpg


















" Tout à commencer sans qu'on le sache. Une soirée, une nuit ....

Sensations d'un bonheur brut, puissant et ravageur.
Sensations de goûter le moment. Prendre L'instant. Toucher le présent…

Prendre le bonheur, sentir sa vibration, entendre sa résonance au plus profond de soi.

Une sensation qui naît d'un ensemble, d'une harmonie entre plusieurs âmes généreuses et ouvertes.
Se trouver dans un univers qui est le nôtre et le plonger dans celui de la nuit.
Profiter chacune de sa nuit mais rester connecter, un univers dans un autre.

Goûter au bonheur absolu, à l'oubli et à la découverte de la sensation pure.
Sentir la vie brûler dans ses veines, sentir la folie douce et furieuse nous gagner et devenir lucide.
Connaître l'INSTANT.

Devenir hédoniste jusqu'à l'ivresse et en savourer chaque syllabe.
Connaître l'addiction au consumérisme du bonheur.
Sensations transcendantes qui nous quittent quand vient le jour. Retour à la réalité sans concession.


Je ne veux pas rester sage
J'aime le souffre et l'envie
Abuser de mon age
Le bonheur est ma couleur
Son ombre est ma douleur


Attente de te retrouver, de se retrouver, enfin ensemble, enfin libre.
Complices de cet état de grâce unique et partagé. Unies par la puissance ravageuse d'une folie de vivre, de sentir, de ressentir, de prendre, d'être et de devenir. "
par Apostro'fée publié dans : Chroniques d'un roman annoncé
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Mercredi 17 octobre 2007
Maintenant ça suffit ! Marre des gens qui cassent ma machine à bulle-de-rêves, qui y mettent des grains de sables, qui grippent les manivelles.... d'accord le rêve n'est pas tout et si je voulais être vraiment tranquille je pourrais aussi devenir hermite dans une forêt... Mais quand même, c'est pas compliqué ce que je demande si? de tout de façon ermite ne serait pas une idée parce que pour fonctionner ma machine à bulle-de-rêves à besoin d'un carburant essentiel : les autres !

Comme une fée n'est rien sans luciole, une machine à bulle-de-rêves n'est rien sans amour.

STOP ! Voilà que je me lance dans un pamphlet révolté mais il faudrait commencer par le début : une machine à bulle-de-rêve c'est quoi?

BULLE-de.jpg La mienne c'est ma bulle, pas un monde à part dans lequel je me réfugie, mais plutôt le monde des possibles infinies... C'est un regard sur le monde dans lequel je vis, mais avec un filtre. C'est une manière de changer le monde, de ne pas accepter les choses comme elles sont et de toujours les voir avec plus de couleur, d'espoir, de profondeur (ou de légèreté !) et de promesses d'infini. C'est une machine qui rend la vie moins réelle mais plus belle.

En ce moment, ma machine elle me permet d'imaginer de rendre réel des choses qui me manquent dans ma vie. Elle me permet de répondre à ma manière à cette question qui me taraude tant : qu'elle est la moitié d'une fée?

Cette absence parfois libératrice, se fait cependant parfois pesante. La machine à bulle-de-rêves c'est encore plus magique qu'une fée, ça réalise tous les espoirs et permet de rendre supportable ce qui parfois ne l'est plus.

Alors quand ma route croise des ornitorynx (nom qui désigne dans mon monde la gente masculine), il arrive souvent que ma machine à bulle-de-rêves s'emballe. Non, que je sois une ornitorynx-tombamoureuse chronique, mais j'aime à croire, j'aime à voir la magie qu'il y a  en chacun de nous.

Oh il arrive parfois que la machine s'emballe et c'est une nuée de bulles de rêves qui s'échappent sans que je ne puisse rien y faire. Et là, c'est un moment d'extase incomparable. C'est doux, c'est rassurant, le mode devient une bulle magnifique où la réalité porte l'empreinte de promesses et de « peut-être ». Le sourire monte aux lèvres, sans que personne ne sache pourquoi, le bonheur à une saveur si particulière....

bulle-de3.jpg
Et puis vient le moment où éclate la bulle. Là, plusieurs possibilités...

Soit la bulle disparaît et emporte avec elle un instant de rêves suspendu dans le temps. J'aime ce moment où il est temps de laisser partir son rêve vers d'autres horizons, et que parée des reflets du soleil, la bulle éclate en donnant un coup de grâce au rêve. Dernier éclat qui cristallise et libère à la fois, un rêve qui a fait son temps.
C'est à ce moment qu'on voit apparaître une autre petite bulle partie d'un « presque-rien » mais qui montera probablement bien haut....

 Il y a aussi parfois des bulles qui éclatent pour se fondre dans la réalité. C'est ce que communément on appelle « un rêve qui se réalise ». En fait, c'est une bulle qui recolore une réalité juste parce qu'on a été cap de l'imaginer différemment. C'est le meilleur cas me direz-vous... Oui c'est vrai, c'est toujours chouette quand un rêve n'en est plus un... mais souvent ça laisse un vide dans le mondes des rêves et il faut parfois du temps pour qu'un bébé bulle naisse ensuite.


Mais le pire des cas c'est quand quelqu'un vient, de manière délibéré ou pas, faire éclater notre bulle alors qu'elle n'en était qu'au début de sa route. dans mon cas c'est souvent une spécialité ornitorynx... (mais pas seulement). Et là la machine se bloque, le monde devient tout gris alors qu'il n'a pas bougé. A court de bulles, comment avancer?
Alors merde ! merde à vous tous qui mettez parfois des grains de sables dans la machine, ou des pics qui piquent dans les bulles... Même si c'est pas exprès.... merde ! Bon voilà ça, c'est dit. Ca sert à rien mais ça fait du bien.

Heureusement, ici, l'histoire se termine toujours bien. Parce que je crois que personne ne peut casser la machine à bulle-de-rêves, même à grand coup de mateau, de réalité insoutenable, elle est toujours là, elle ne bouge pas, elle protège d'un monde trop réel, elle fait des bulles et le rend meilleur....


bulle-de4.jpg
Alors parfois, même si la fatigue gagne et qu'il devient difficile de faire redémarrer un moteur trop abîmé par les coups, le besoin, l'envie de revoir des petites bulles s'envoler par la fenêtre est plus forte.

Une bleue, une folie, une douce, une allumée, une orange, une arc-en-ciel, une n'importe-quoi, une magicien, une luciole, une ornit-amour, une mauve, une truc-de-folie, une coin de sourire, une qui frisonne, une qui s'envole... si haut....

Et des milliers d'autres... la voilà repartie, la machine à bulle-de-rêves...
par Apostro'fée publié dans : Chroniques d'un roman annoncé
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Vendredi 31 août 2007
Charmée par ses mots,  je décidais de me confrontée à son charme. Une rencontre autour d'un verre . le personnage coorespond à ses mots... Malheuresement "passé la magie de la rencontre" (se sont ses mots) , il a préféré  continuer sa route .   Parfois l'étincelle ne se produit pas. Mais c'est à ce moment là que je me suis rendue compte que'il y avait un problème avec les fées et avant de le laisser filer  je lui en ai fait part.


baguettes.png


" Sais-tu que les fées ont un problème, et non des moindres? Non?
Elles ne peuvent pas réaliser leurs propres vœux… Encore heureux me diras-tu! Oui c'est vrai que si ce pouvoir nous étais accordé nous aurions vite fait de mettre ce petit monde sans-dessus-dessous, un charivari plein de couleur mais complètement incompatible avec la réalité du monde humain dans lequel nous vivons.

Il y en est une, de fée, qui l'autre jour se fâcha tout rouge de ne pouvoir exhausser ses propres vœux…et un en particulier.


Pourtant avec un peu d'imagination et d'ingéniosité notre fée se disait qu'elle arriverait forcément à détourner cette contrainte. Bien concentrée devant sa glace, elle tenta de réaliserle vœu de son double, en vain. Qu'à cela ne tienne! Elle avait plus d'un tour dans son sac. Déterminée mais aussi parfois un peu capricieuse, elle n'avait pas l'habitude de ne pas obtenir ce qu'elle souhaitait… alors elle eu une seconde idée! Fascinée par la schizophrénie, elle se dit qu'en faisant appel à une des siennes intérieures, en se faisant passer pour une autre, le vœu finirait bien par se réaliser. Arghhh!! mais quand on change, la fée disparaît. Les deux ne peuvent cohabiter ensemble, pas de place pour deux en même temps. Zut!


Mais, elle a plus d'un tour dans son sac… un jour, un héros d'un genre particulier lui avait parler d'une chose étrange mais qui avait l'air fort amusante : l'ésotérisme… sans bien comprendre de quoi il en retournait, notre fée tenta l'expérience. Si elle pouvait quitter son corps, elle arriverait alors a jeter le sort tant espérer sur son corps inerte… ou l'inverse d'ailleurs. Peu importe, ce qui comptait c'est que cela marche! Allongée sur son planché (oui, elle se disait que ce dernier, moins confortable que son canapé, serait probablement plus propice à ce type d'expériences), elle attendit des heures, en vain. Sans mode d'emploi, c'est bien plus compliqué!
Désespérée et un peu à court d'idées, elle ne voyait plus qu'une solution : se reconvertir. Après peut-être elle aurait la chance de rencontrer une de ses consoeurs qui lui exaucerait enfin son vœu!

bonbon-copie-1.png
Elle parti alors en quête d'une nouvelle vocation. Parce que quitter l'ordre des fées ne peut se faire en toute impunité. Il fallait trouver quelque chose à la hauteur de sa toute première vocation. Elle commença pour le monde des bisounours. En étant un des leurs, elle pourrait continuer à rendre les gens heureux ou, du moins, à faire rêver les enfants. Mais lorsque notre fée arriva là-bas, elle déchanta! Ce monde tout mielleux et sans malice, dégoulinant de bons sentiments souvent à la limite de la niaiserie ne pouvait pas lui convenir. Elle vit de toutes les couleurs mais pas celle de l'arc en ciel…


Elle reprit alors la route. En chemin dans le ciel, elle leva la tête. "Et si je me lançait dans une carrière d'étoile filante. C'est lumineux, et en plus ça émerveille les yeux des gosses et des plus vieux". Cette dernière permettait également de réaliser des vœux… voilà qui pourrait convenir comme reconversion. Mais a bien y réfléchir, plusieurs choses la chiffonnait. La carrière d'une étoile filante est bien brève. Quelques secondes dans le ciel et hop, tout est terminé… Et puis perdue dans une voie lactée comment être, même quelques secondes, juste un peu exceptionnelle perdue dans une myriade de brillantes….
Trop de sacrifices pour une si petite carrière.



La fée continua donc son chemin, quelque part au-dessus d'un arc-en-ciel. Elle passa devant la planète du petit prince en grande discussion avec sa fleur. Ne voulant briser ce moment unique, la fée passa son chemin et alla voir son ami de toujours, le lapin géant mangeur de planète. Pas méchant, juste un peu gourmand, il avait eu comme destinée de manger les planètes. Mais c'était un lapin géant pas méchant, il essayait d'éviter les planètes avec des gens dessus. Il lui arrivait pourtant de temps en temps d'en croquer une habitée ce qui d'ailleurs provoquait chez lui des maux de ventre désagréables.

Ravi d'avoir de la compagnie il accueilla son amie la fée avec joie. Lorsque la fée lui expliqua l'objet de sa venue, il la regarda d'un air mi-amusé, mi-étonné. Une assistante! Le lapin géant mangeur de planète aimait la compagnie, mais n'avait pas besoin d'un coup de main… et puis cette petite fée pas plus haute que son doigt de pied ne pouvait convenir au poste….

Notre fée, un peu dépitée, s'en alla le cœur lourd… avec un peu de tristesse, elle rejoignit la terre. Elle eu alors une dernière idée, tout simple… elle avait enfin trouvé sa vocation, elle serait une fleur! Certes sa carrière ne serait pas des plus longues, elle ne pourrait plus non plus réaliser les vœux des gens… mais peut-être qu'a l'orée d'un bois elle se ferait cueillir par des promeneurs du dimanche (pas du samedi attention). Oui cela plaisait à notre fée. Mais quelle fleur choisir? Il en existait des milliers de différents, des éclatantes, des savoureuses, des odorantes, des lumineuses, des prétentieuses, des mal-aimées….

Après quelques heures de réflexion, la fée trouva enfin celle qui lui fallait : le myosotis! Discret, sensible, mais qui quand on savait bien le regarder offrait au regard des petits détails savoureux… Cette fleur était aussi un symbole fort lorsque le temps des adieux est arrivé… La fée un peu fatiguée et découragée se laissa séduire par cette mélancolie parée de beaux habits. Parfois bleue ou prune, comme un ciel qui décline, le myosotis était celle qui lui convenait. Mais un méchant jardinier passant par là détruisit d'un coup de pchitt tueur tous ses espoirs….

La fée retourna donc dans ses quartiers, condamnée à continuer sa carrière de fée. Oh! Elle aimait cette vie, et même si ça ne marchait pas toujours, elle aimait a pensé qu'elle en avait rendu quelques uns heureux par ses vœux. Mais il y avait ce vœu, son vœu, qui l'entêtait…

Pourtant elle savait comment faire pour être heureuse, elle avait l'habitude de se débrouiller seule, sans ses vœux. Elle avait même mis au point plusieurs petites tactiques pour y arriver plus facilement et cela marchait plutôt bien. Mais cette fois, elle aurait bien aimé un petit coup de pouce…


 Image-8.png
Mais quel est donc ce vœu si mystérieux? Ça nul ne peut le dire, c'est un secret bien gardé… car tout vœu énoncé ne peut plus être exhaussé.
Toute fée qui se respecte connaît bien la règle! Il y a parfois des vœux, qui on ne sait pourquoi, ne peuvent dérouler leur éclat. Mais de les avoir formulés, leurs aura permis d'exister, même l'espace d'un instant.

Dans la quête du bonheur, ils sont des lampions qui guident nos pas, nous rappelant que même si tout n'est pas réalisable, la vie appartient à ceux qui rêvent trop…"


par Apostro'fée publié dans : Chroniques d'un roman annoncé
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Vendredi 31 août 2007
bouche.png

Suite du en passant 1....


SA RÉPONSE


"Oh !... je vois les lignes de l'horizon s'écarter peu à peu, et la figure douce et sage de notre héros dissiper, par son magnétisme animal, le génie orageux des altitudes. Il arrive, comme le Canard WC au temps de sa splendeur cathodique, tranquillement installé dans son hydravion, et mitraille consciencieusement chaque germe d'ennui d'une gerbe de rire.

Pour justifier la métaphore, j'ajouterais que le monde entier est une gigantesque cuvette, et qu'après le temps de l'insouciance vient toujours le temps du nettoyage. Pourquoi ?  Parce que les amis de la Terre sont nombreux, et un jour, après s'être invités chez nous, ils finiront bien par nous demander où sont les toilettes. S'ils sourient en revenant, c'est encore une victoire de canard.

Notre héros lui-aussi est pour l'hédonisme.

Il aime tout particulièrement voir le plaisir chez la femme qui l'accompagne. Que le corps de la femme soit un corps de plaisir, qu'il résonne secrètement ou plus évidemment de sensations agréables, voilà qui transporte et fait fondre ses sens à lui.  Il a toujours éprouvé un caprice infâme pour les fumeuses, celles qui s'adonnent passionnément et sans relâche, parfois sans l'ombre même d'une culpabilité ou d'une appréhension, au plaisir renouvelé de leurs cigarettes, exposant souvent inconsciemment, au regard extérieur,  les remous de plaisir que cette drogue si familière leur procure. Cette dépendance le fascine lorsqu'elle est vécue avec tant d'approbation, tant de satisfaction et de joie, qu'elle met en valeur l'aura et les traits de la femme.

Pour ainsi dire, notre héros ne connaît pas d'autre signe plus parlant, dans la sphère publique, que la façon de fumer d'une fille, mettant à nu toute sa sensualité secrète et interdite, son antre libidinale, soudain, sur les marches d'une faculté ou dans le vacarme d'un café de gare. Bien-sûr il ne souhaite pas la destruction de l'être aimé, qui le souhaiterait d'ailleurs, mais la vision de ce tempérament passionné, de ce besoin ardent et sans cesse insatisfait, de cet enchaînement vécu avec volupté, le comble davantage et le séduit comme mille bilans de santé aux promesses d'infini."


J'aime tout particulièrment ce message. Bien que la victoire de canard me semble un peu confuse, le second paragraphe en revanche m'a beaucoup marqué. A chaque fois, je le relis avec la même délectation. Provocant et délicieux... J'aime ceux qui savent que le vice à ses vertus, la première étant celle du plaisir. L'apprécier plutôt que de le nier ou le rejeter est d'ailleurs probablement la meilleure manière de gouter au vice sans y succomber totalement....





par Apostro'fée publié dans : Chroniques d'un roman annoncé
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Mardi 7 août 2007

file.png

Dans ma quête de réponse à la question posée précédemment  "la moitié d'une fée?"  ma route  en a croisé d'autres. Celle-ci est une de mes préférées.  Par ses détours sans retours et ses  échanges sans conséquences...

Je ne relaterai ici que  nos échanges de mails, les autres étant plus légers et personnels. Et puis le but ici est bien de comprendre, connaître ou observer les moeurs d'une fée actuelle et non pour moi d'étaler ma vie privée sans pudeur....

Bref, je vous laisse à présent vous balader aux fils des lignes et des mots ....

(pour resituer le contexte, je venais de lui expliquer que j'étais une fée, ça et les différents tenants et aboutissants de ce métier... dans ce genre )
 

LUI

Image-2.pngEloge de la santé mentale
 
" Notre héros a reçu un mail. Qui donc lui écrit ? Il sent des battements dans sa poitrine, terribles et pourtant si réguliers. Eh... il n'est pas tranquille ! Il se lève et part répondre aux besoins de la Nature.

Deux urgences ne peuvent cohabiter dans son esprit. Vite, il revient à sa tâche. Les battements, qui provenaient en fait de son coeur, n'ont pas cessé. Il clique une première fois sur le message, et la souris ne produit aucun son. Il ne se laissera pas intimider.   

Il clique une seco
nde fois, et le message s'étale dans toutes les directions, tandis que dans la pièce la clameur du chaos semble soudain résonner.    Il lit le texte une première fois. Il tente alors de changer l'ordre des mots, indulgent pour l'esprit féminin.

Mais rien n'y fait.
Le magma sombre et visqueux qui lui fait face se refuse à toute tentative de domestication. Yaaah ! mais c'est inutile. Les lettres aux contours noirs forment des phrases où il est question de fée, de service après-vente et de kitchenette, et même Pacman, se dit notre héros, n'y
retrouverait pas sa nourriture.

Cet enchevêtrement hasardeux de mots purgés de toute raison, témoigne des facultés mentales amoindries de sa correspondante, mais notre héros ne la blâme pas.   

Il blâmerait plutôt la Société, qui a laissé croire à toute une génération que la folie rendait libre. Voilà ce qu'il fallait dire. Il referme, sur son écran, la fenêtre donnant sur la cour des miracles, et va respirer les senteurs du printemps, qui lui feront oublier un instant cet épisode de pure épouvante. Il en avait besoin. "




MOI


m-dragibus.jpgOui la folie rend libre!

Prise dans une rivière de mots, je me laisse porter avec délice dans le courrant du message de ce héros si particulier et surprenant. Point de  raccourci à trois lettres et une syllabe, illisibles, comme parfois mais des expressions savoureuses... mais oh déception! un pragmatique terre à terre pour qui la folie est une hérésie.

Mais lorsqu'elle devient un attribut féminin là, je proteste! Pas d'indulgence pour mon statut de femme, cette folie vient de mon esprit! A l'échafaud ce machisme réducteur venu d'un autre temps. Finalement, je crois que préfère encore la version pragmatique de cette incompréhension.

Mais revenons donc à la folie, car la santé mentale est, entendons nous bien, la pire chose qui puisse arriver à un Homme...

Ma folie, portée par une imagination fertile est la sève de mon bonheur. Lorsqu'elle se fait douce elle berce mes rêves, colore mon monde de touches divines et délicieuses. Parfois, lorsque la folie furieuse arrive, elle m'emporte dans un tourbillon (souvent nocturne) de sensations brutes et intenses.

Et lorsque l'on touche l'instant, on sent couler dans ses veines le goût intense de la vie... est-ce de l'hédonisme? pour une part sûrement... et au fond quelle importance... Oui la folie est la plus belle des libertés, elle permet la résonance de la vie au plus profond de soi.

Et lorsqu'on ouvre la fenêtre pour respirer les senteurs du printemps, la folie permet d'en savourer chaque particule (oula je m'égare un peu tout demême là :-)).

Alors, que notre héros entre dans mon monde et il trouvera toutes sortes de petits bonheurs, folie douce ou furieuse où chacune à sa vibration....

Après, assurément l'éloge de la santé mentale ne sera plus qu'un vieux souvenir bien terne....

par Apostro'fée publié dans : Chroniques d'un roman annoncé
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Mercredi 4 juillet 2007
tout le monde le sait, les princes ça s'acorde avec les princesses, les crapauds avec les grenouilles, les andouilles avec le boudin :-) , les 7 nains avec blanche-neige, etc. Bref tout le monde sait où trouver sa moitié.

bibi.png
Mais les fées ça s'accorde avec quoi?
Les elfes? oui, peut-être, mais ils sont en voie de disparition aussi. Les trolls? mélange trop détonnant!  Les nains de jardin? un peu petit.  Les génies?  ça c'est purement et simplement  même pas possible! Caractérielement incompatibles! 

Nous voilà donc contraintes de mener nos recherches dans un monde parfois bien étrange : celui des hommes! Des animaux bizzares  aux moeurs surprenantes. Mais je ne vais pas me lancer ici dans une description détaillée, je réserve un autre post rien que pour eux. Mais revenons à nos moutons, nous voilà donc avec une fée célibataire à la recherche d'un homme avec un brin de folie. (ben oui il faut quand  même un peu de magie!). 

Donc comment faire?
Après quelques soirées pasées à écumer les bars et autre lieux de la nuit, le résultat n'était pas vraiment brillant. Oh j'ai bien perdu quelques neuronnes à gouter de savoureux mélanges alcoolisés, réalisé des tas de voeux, dansé  jusqu'a  l'épuisement... J'ai goûté aux délices  de la nuit, sa clameur, son tourbillon de sensations brutes et savoureuses, j'ai senti l'instant me parcourir l'échine, le bonheur et le plaisir envahir jusque le creux de mes reins... mais je n'ai pas trouvé , croisé, rencontré de quoi  répondre à ma question : quelle est la moitié d'une fée?

Alors j'ai décidé de changer de tactique, et j'ai observé les us et coutumes des demoiselles et j'ai découvet un truc formidable. Grâce à la technologie, elles arrivaient à entrer en contact avec des centaines voir des milliers d'hommes ! La découverte des sites de recontres m'a d'abord beaucoup intriguée.
Est-ce qu'il avait enfermé Cupidon dans une machine pour rentabiliser sa production?
Ou avait-on kidnappé le "hasard" à tel point qu'on ne puisse plus compté sur lui?
Passé cette phase d'étonnement ma curiosité ayant été piquée au vif ne me laissa d'autre choix que de le tester moi-même... C'est comme ça que ma quête de réponse m'amena à m'inscire sur meetic. Oui oui je sais ça casse un peu le mythe dans la gentille fée avec ses ailes et sa poudre attendant le retour de peter pan, mais il faut vire avec son temps., comme dirait Merlin.

Je n'ai  toujours pas trouvé de réponse à ma question (dailleurs les suggestions sont les bienvenues!) mais l'exploration de cette  univers m'a amené sur bien des chemins, sinueux, rugueux, doux, légers, agréables, décevants... Bref de quoi vous  en parler pendant encore quelques heures!

Un peu de patience le croustillant arrive dans le prochain post...

PS : l'idée n'est pas de reproduire des blogs  déjà vu, que j'adore  d'ailleurs (n'hésitez pas à vous y ballader : Anadema et Saskia) mais juste de vous conter les aventures aventureuses d'une fée à la recherche d'une moitié!
par Apostro'fée publié dans : Chroniques d'un roman annoncé
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Présentation

Apostro'fée?

Une fée? tiens donc!

Oh je vois d'ici les septiques arriver avec leurs convictions, toutes confortables : "les fées ça n'existe pas!". Hé bien si! Il n'en reste plus beaucoup et c'est vrai nous sommes en voie de disparition... Mais nous sommes toujours là.
Comment vivez-vous? À quoi ça sert? ça a des ailes? Autant de questions qui méritent des réponses, voilà la raison de ce blog. Attention il n'y aura, dans mes récits, aucune valeur scientifique sur le mode de vie des fées et de leurs pratiques, juste des tranches de vie quotidienne d'une fée moderne.


La suite?


bonbons.jpg

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