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Lundi 26 novembre 2007
Ou le jour où je suis devenue un fée.
C'est un texte écrit depuis plus d'un an,  qui décrit les sensations de naissance d'une fée.


mes-NUITS.jpg


















" Tout à commencer sans qu'on le sache. Une soirée, une nuit ....

Sensations d'un bonheur brut, puissant et ravageur.
Sensations de goûter le moment. Prendre L'instant. Toucher le présent…

Prendre le bonheur, sentir sa vibration, entendre sa résonance au plus profond de soi.

Une sensation qui naît d'un ensemble, d'une harmonie entre plusieurs âmes généreuses et ouvertes.
Se trouver dans un univers qui est le nôtre et le plonger dans celui de la nuit.
Profiter chacune de sa nuit mais rester connecter, un univers dans un autre.

Goûter au bonheur absolu, à l'oubli et à la découverte de la sensation pure.
Sentir la vie brûler dans ses veines, sentir la folie douce et furieuse nous gagner et devenir lucide.
Connaître l'INSTANT.

Devenir hédoniste jusqu'à l'ivresse et en savourer chaque syllabe.
Connaître l'addiction au consumérisme du bonheur.
Sensations transcendantes qui nous quittent quand vient le jour. Retour à la réalité sans concession.


Je ne veux pas rester sage
J'aime le souffre et l'envie
Abuser de mon age
Le bonheur est ma couleur
Son ombre est ma douleur


Attente de te retrouver, de se retrouver, enfin ensemble, enfin libre.
Complices de cet état de grâce unique et partagé. Unies par la puissance ravageuse d'une folie de vivre, de sentir, de ressentir, de prendre, d'être et de devenir. "
par Apostro'fée publié dans : Chroniques d'un roman annoncé
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Commentaires

Ce titre me rappelle un épisode de collège...

Une nuit plus belle que vos jours, certes, mais plus froide que la colère du Christ chez les marchands du temple, tombait sur nos jeux récréatifs avec la rapidité d'un glaçon dans un verre de Perrier.
C'était fou, mais pas suffisant pour interrompre nos activités ludiques qui se poursuivaient sous l'éclairage incertain de trois projecteurs scellés dans un mur. Elles consistaient, pour l'heure, à se lancer éperdument sur une piste glacée, surgie là inopinément, comme une cabine téléphonique, et qui s'allongeait constamment à force de glissades répétées qui en amélioraient les performances.
Son extrémité se confondait à présent avec l'ombre des marronniers qui zébrait la blancheur fantomatique de notre cour de récréation recouverte de neige.
Cette semi-obscurité rendait encore plus périlleuses les envolées de nos kamikazes battant l'air de leurs bras à la recherche d'invisibles appuis, et qui terminaient presqu'invariablement leurs voltiges en mouillant leur fond de culotte au milieu des acclamations du groupe d'admirateurs agglutiné de part et d'autre de la piste.
Dan n'était certainement plus assis sur un canapé en face de Théo, mais trente cinq ans en arrière dans une cour de récréation. La fixité de son regard, la vie et l'âme de son récit intriguèrent Frida. Sans en prendre réellement conscience, tout son auditoire était à présent suspendu à ses lèvres, véritablement subjugué. "Madame sans gaine" vint s'asseoir à coté du narrateur qui n'y prêta pas attention . En d'autres circonstances, la profondeur de son décolleté lui aurait certainement donné le vertige, mais il restait insensible à cette provocation mal dissimulée par un chemisier transparent et tendu à se rompre. Il poursuivait. imperturbable, et la lèvre pendante.
"Une ambiance à faire fondre la glace règnait au centre de la cour où chaque glissade était saluée comme un véritable exploit par un crépitement d'applaudissements.
Aussi, lorsque le Père Bécu se présenta au sommet des marches qui conduisaient dans les salles d'études,- sinistre apparition qui voulait signifier la fin de nos jeux-, personne ne lui prêta la moindre attention.
Bas sur pattes, la soutane mal boutonnée tombant sur des galoches noires mal cirées, ce poupard poupin était aussi rose et potelé que les trois petits cochons réunis dont il avait le caractère, ce qui lui valait le surnom de BBQ.
Cet homme aux cheveux roux courts et en brosse était rosse et prompt au courroux. Sa face illuminée s'empourprait à la moindre contrariété, à l'exception d'un point noir sur le nez et d'une fossette blanche perdue dans la graisse de son double menton imberbe. Même les mouches avaient peur de se poser sur lui !
Hubert de Villeneuve, dit Bebert, intrigué par un bruit strident qui ne trouvait pas sa place dans le paysage sonore des événements en cours, fut le premier à apercevoir ce bouffi cramoisi sur le point d'avaler son sifflet. Les yeux exorbités et la salive au coin des lèvres, il éructait quelques propos éruptifs et peu érudits.
Bebert fit signe à ses voisins et le groupe se dirigea mollement vers les escaliers, comme pris d'un engourdissement subit. Les seuls à conserver un peu d'énergie l'employaient à prolonger leur temps de récréation par quelques glissades supplémentaires.
- Deux heures de colle au dernier dans les rangs.
- Poil aux dents.
L'audace de cette réplique anonyme ternit la satisfaction qu'éprouvait BBQ en constatant l'effet produit par son ultimatum. D'autant que la précipitation que chacun mit à rejoindre les rangs provoqua un instant de panique qui l'empêcha de mettre sa menace à exécution, ne pouvant déterminer avec certitude qui devait en être la victime.
Anxieux, les chefs de rangs, qui avaient l'insigne honneur d'être les premiers de cordées dans tous les déplacements à l'intérieur du collège, attendaient l'autorisation d'avancer. La peau rubiconde, BBQ hésitait sur l'attitude à tenir. Il réfléchissait au meilleur moyen de laver l'injure qu'il venait d'essuyer, et jugea finalement qu'il pourrait passer l'éponge en conditionnant son signal de départ au silence le plus absolu.
Les ultimes soubresauts de l'excitation parcouraient les rangs d'un frisson qui s'amplifiait à mesure qu'il s'éloignait du regard persan du perfide rouquin. Alors qu'il pétrifiait les plus proches, qui osaient à peine sauter à cloche pieds pour se réchauffer, il laissait indifférent les derniers que masquait et trahissait à la fois le nuage de vapeur de leurs chuchotements sourds et persistants.
- J'ai le centenaire de la naissance de Jean Jaurès en double. Je te l'échange contre le cinquante francs du Père Charles de Foucauld...
- En neuf ou oblitéré ?
- Eh, Dan, il paraît qu'il y a eu quatre cents morts dans la catastrophe du barrage de Fréjus !
- Pas de Fréjus, de Malpasset... Du barrage de Malpasset !
- Hein ?... Si ça s'est mal passé ? Tu parles. Un hélicoptère qui essayait de sauver des gens a été emporté par la vague.
- Tu as terminé ton devoir de maths ?
- Non, j'ai même pas fini ma version latine pour demain.
- T'as intérêt à grouiller, on a cours à neuf heures.
Au fur et à mesure que les chaussures prenaient l'eau, les pieds prenaient conscience des intentions machiavéliques du cerbère et les conversations clandestines prenaient fin.
- On a volé la questure.
- Qui te l'a dit ?
- ...
- Dupré. Silence.
- Vaulgrenant.
- Dupré, deux heures !
- Mais, mon Père...
- Quatre.
Contre toute attente, rapport à la température ambiante, ces quatre là jetèrent un froid. On aurait cru un arrêt sur image.
BBQ serrait les mâchoires pour ne rien laisser paraître de la jubilation qui le gagnait à la vue de ce spectacle digne des grandes glaciations du quaternaire. Il retrouvait sa superbe, son assurance. Sa superbe assurance et ses tâches de rousseur. Pas le moindre petit crissement de neige sous nos semelles de scaphandrier. On entendait la neige tomber et il savourait cet instant de silence et de bonheur intense qui lui faisait l'effet d'être en état de lévitation. Du moins, pensait-il que l'on devait ressentir les mêmes impressions. Il sortait grandi de cette épreuve et devait bien mesurer à présent un mètre cinquante deux. Peut-être même cinquante trois ! Beau coup en vérité.
Un éternuement étouffé le ramena aux réalités climatiques. Ce serait trop bête qu'il s'enrhume lui aussi. Il pencha la tête sur le côté et les deux colonnes muettes s'engagèrent sur le perron.
commentaire n° : 1 posté par : Oncle Dan (site web) le: 21/12/2007 22:36:37
Oué ce moment où le quotidien a une nouvelle odeur, où l'on aborde ce quotidien différemment, allant à l'essentiel et profiter de tous les petits moments de bonheur a attrapper..devenir hédoniste ;-) j'm ta façon de raconter..dommage pour moi que je n'ai plus le net pendant quelques mois mais je passerai a l'occasion lorsque l'ooportunité se fera; ton blog me plait' ;-)
Amicalement, zib's
commentaire n° : 2 posté par : Tooptoop (site web) le: 11/01/2008 21:37:05
Bonjour,
je découvre votre blog en surfant chez Anadema, et ce texte me touche beaucoup : j'eus la même révélation vers mes 16-17 ans (j'en ai 39 à présent, mais c'était hier !).
Je me réveillais la nuit et j'ouvrais grand la fenêtre, la pleine lune m'inondait d'un sourire malicieux : j'avais envie de hurler mon bonheur, la pure joie d'exister, d'entrevoir l'infinie liberté, le tout possible de la vie... Et tout se révélait miracle !
Après, ça s'est un peu corsé, mais pour moi tout s'est joué à cet instant : c'est, pour toujours mon image de la plénitude et de l'éternité... (ma seule raison de vivre aussi, du moins la plus intime, la plus profonde).
Merci de nous l'avoir si bien chantée !
commentaire n° : 3 posté par : Frank (site web) le: 12/01/2008 10:30:09

Présentation

Apostro'fée?

Une fée? tiens donc!

Oh je vois d'ici les septiques arriver avec leurs convictions, toutes confortables : "les fées ça n'existe pas!". Hé bien si! Il n'en reste plus beaucoup et c'est vrai nous sommes en voie de disparition... Mais nous sommes toujours là.
Comment vivez-vous? À quoi ça sert? ça a des ailes? Autant de questions qui méritent des réponses, voilà la raison de ce blog. Attention il n'y aura, dans mes récits, aucune valeur scientifique sur le mode de vie des fées et de leurs pratiques, juste des tranches de vie quotidienne d'une fée moderne.


La suite?


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